Lettre d’information
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Juillet 2014 |
Énergéthiquement vôtrePeu à peu s’impose l’évidence de la nécessité d’une transition énergétique radicale. De plus en plus d’investissements vont y être consacrés. Sous peine d’un énorme gâchis, sans les résultats nécessaires, cette transition doit, à tous les niveaux (du particulier au pays tout entier), suivre une démarche rigoureuse tout au long : la stratégie qui se nourrit de la connaissance du contexte et fixe les objectifs adaptés ; les choix techniques et les études ; la réalisation, et bien sûr l’exploitation (utilisation). Il y aura beaucoup de marchands de miracles, comme on en voit depuis des années. Plus que jamais, une information de qualité, des outils de conduite de projets et des exemples (réussis ou ratés) bien analysés sont les bonnes armes de la transition. Comme annoncé le mois dernier, une page va être incessamment mise à votre disposition sur le site pour recueillir vos points d’intérêt dans la perspective de notre voyage d’étude sur des territoires déjà très engagés dans la transition. |
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Energitorial |
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Résilience et transition.La résilience est un concept social assez récent, dont on préfère ne pas parler trop ouvertement, de peur d’affoler les foules. Il s’agit de la capacité d’un organisme, un groupe ou une structure à s’adapter après un choc : s’adapter signifie non seulement survivre, mais dans des conditions les moins mauvaises possibles. Dans certains exemples récents, il n’a pas été possible de l’ignorer. C’est notamment le cas aux États-Unis, après plusieurs épisodes dramatiques, ou au Japon : l’ouragan Katrina et les inondations de la Nouvelle-Orléans en 2005, le tremblement de terre et le tsunami au Japon en 2011, le typhon Sandy qui a touché le nord-est des USA en 2012. C’est ainsi un sujet qui préoccupe désormais très concrètement, à tous les niveaux (des individus aux états), ces pays qui ont été directement percutés : comment limiter les conséquences de ces chocs, en particulier pendant la période transitoire suivant le choc jusqu’à l’éventuelle sortie de crise ? Bien sûr, au point direct d’impact du choc, il est souvent difficile d’éviter les situations critiques, mais la résilience vise notamment à limiter les conséquences systémiques, c’est-à-dire la propagation de l’effondrement sur des espaces démesurés par rapport au choc initial, par effet domino. L’énergie est le premier domaine concerné, tant sa continuité est une condition vitale : lumière, chauffage, transports et approvisionnements, adduction d’eau et assainissement, télécommunication etc. Les chocs imaginables peuvent être de natures et d’origines très diverses : phénomène naturel (tempête, tremblement de terre, raz de marée, incendie), accident technologique (nucléaire), conflit politique (se répercutant sur les approvisionnements énergétiques) et son corollaire économique (hausse brutale des prix). L’énergie juste ! |
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Sommaire |
1. Les projets de nos territoiresLes maisons à chauffage solaire intégral : Le test d’étanchéité à l’air. 2. La transition en France et dans le mondeDelendum est RTBA : Un chiffrage du gâchis ! 3. Chroniques de la transition heureuseOrtaffa, d’un seul coup. 4. A vous de jouer !Bonnes vacances à tous ! Soyez prudents. |
1. Les projets de nos territoires |
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| La porte soufflante Des regards tendus… et… ça fuit où attendu ! |
Les maisons à chauffage solaire intégral : Le test d’étanchéité à l’air.La première longère de trois maisons est désormais étanche, « membranée », « pelliculée ». L’une d’elle a été testée en surpression d’air, selon la technique Blower Door (test dit d’infiltrométrie), pour voir si, à ce stade, rien n’avait échappé. La méthode suivie a été celle définie pour les maisons passives, avec surpression de 50 Pa, pour obtenir le taux de renouvellement de l’air, n50. |
| La maison passive MIZU et son modèle japonais sans oublier… son chauffage |
MIZU, le plus petit bâtiment passif du monde (12 m²) : le siège du BE HINOKICe n’est pas au Japon, ce n’est pas une maison-bonzaï, c’est en France, en Bretagne, à Amanlis, siège du bureau d’études thermiques Hinoki. Thomas Primault, le maître des lieux, a une double passion, outre sa petite famille : d’une part, le Japon et l’Extrême-Orient, raffinés, traditionnels et technologiques, et d’autre part, la réduction des consommations énergétiques dans le bâtiment. Cela donne cette mini maison de thé largement vitrée, mais extrêmement « frugale » énergétiquement : 10 kWh/m²/an de chauffage : ce sera fourni par… l’eau chaude pour le thé qui mijotera dans les jours froids. Un exercice d’école pas désagréable à regarder. Nous lui souhaitons qu’il soit aussi agréable d’y vivre et d’y travailler. |
2. La transition en France et dans le monde |
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| A la Désirade, elles sont petites mais repliables, spécialité française. Dans le Mené, elles sont petites parce que « rabotées » (crédit Frédéric Douard) |
Delendum est RTBA : Un chiffrage du gâchis !Tous les arguments d’autorité sont bons pour permettre à l’état souverain (qui est l’expression de la volonté populaire) de n’en faire qu’à sa tête pour le bien commun, bien entendu. La raison « régalienne », qui a comme un petit fumet d’ancien régime, est de loin la voie préférée, quand elle est « jouable ». On apprend ainsi que, en Guadeloupe, un fameux radar météo (qui s’opposerait à un radar météo ?) a permis d’interdire toute installation de parc éolien, grâce à une disposition créant un périmètre d’exclusion d’un rayon de 30 km. Il n’y a donc là-bas, pays pourtant bien venté, qu’une petite dizaine de petits parcs, dont deux sur l’île de la Désirade, en dehors de ce périmètre. Le premier fut installé en 1992, à une époque où des industriels français étaient encore dans le coup sur le marché de l’éolien. Mais, comme nous l’avons relaté par ailleurs, depuis 2010, la Guadeloupe a le droit d’édicter ses propres règles, échappant à celles votées « en chambres » ou décrétées en bureaux parisiens, et l’exploitation du gisement éolien devrait repartir de l’avant. (Voir la Revue de Presse Biodégradable n°15) |
| Une unité de batteries EnerVault en cours d’installation à Turlock en Californie pour PG&E. Capacité/Puissance : 1 MWh / 250 kW utilisant des électrolytes Fer/Chrome Son concurrent UET a déjà plusieurs unités en service, dans des containers 20′ (450 kWh / 150 kW chacun). Il utilise des électrolytes chargés en ions Vanadium. Mais les laboratoires travaillent sur des électrolytes organiques, moins coûteux et plus faciles à produire, à base de benzoquinones, molécules présentes dans la rhubarbe. |
Le stockage de l’énergie électrique, clé des systèmes énergétiques du futur : l’évolution des batteries d’accumulateurs.La question des batteries est complexe, tant du point de vue technologique que du point de vue économique. Il existe une multiplicité de filières possibles face à une multiplicité de besoins et d’applications, depuis les appareils de poche ou à mains jusqu’aux grosses unités fixes de stockage d’adaptation des productions d’électricité aux consommations, en passant, bien sûr, par les véhicules électriques. Au moins une dizaine de paramètres physiques et économiques sont à prendre en compte, avec des priorités différentes selon les applications et le contexte concurrentiel qui y prévaut : tout tourne autour du compromis entre la compacité, la capacité et le coût du stockage, ce dernier prenant en compte la durée de vie des dispositifs (nombre de cycles charge/décharge, perte de capacité et augmentation de la résistance interne.) Pour plusieurs paramètres, notamment économiques, il y a plusieurs approches possibles, pas nécessairement convergentes. Les grandes familles technologiques en présence ont certainement des marges de progrès importantes, qu’explorent une myriade de laboratoires et d’entreprises, petites et grandes, dans le monde : il y aura quelques vainqueurs et beaucoup de morts, et tous les grands groupes qui ont à voir avec l’énergie (c’est-à-dire tous) essaient de placer leurs billes au mieux. Si les technologies lithium-ions semblent tenir la corde pour les véhicules électriques (encore que rien ne soit acquis), de gros progrès se font dans le domaine des applications fixes pour le réseau, mais aussi pour les micro-réseaux domestiques, énorme marché qui fait aujourd’hui trembler les grandes structures exploitant des centrales et des réseaux publics. |
Petit retour sur la contribution des centrales nucléaires françaises au réchauffement climatiquePlusieurs lecteurs avertis se sont intéressés de près à l’évaluation donnée dans notre dernière lettre. Après des échanges approfondis sur les méthodes de calcul, les chiffres indiqués ont été largement validés, selon diverses approches correspondant aux modélisations de l’effet de serre. J’avais volontairement présenté ces résultats d’une manière provocante qui en a fait sursauter plus d’un. Bien entendu, et comme cela était écrit, la contribution des émissions thermiques des centrales nucléaires a un effet instantané, alors que l’effet des émissions de gaz à effet de serre se prolonge sur une période plus ou moins longue, selon la durée de vie du gaz ( qui se finit par absorption ou dissociation). |
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3. Chroniques de la transition heureuse |
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| Une vielle église romane,Sainte Eugénie à laquelle un orgueilleux campanaire du XIXe sc., aus allures de tour Eiffel, semble disputer le ciel Des champs PV sur 8% de la superficie globale, implantés méticuleusement pour finalement accueillir des moutons. |
Ortaffa, d’un seul coup.C’est un village de la périphérie, de l’entre-deux, entre mer et montagne, là où peuvent surgir des démarches originales. Une suite de réflexions judicieuses, un beau projet réalisé, dont on peut regretter qu’il n’ait pas été mené au bout de la logique territoriale.
Les choix d’implantation se sont fait avec le maximum de considération pour la valeur agronomique des terres, l’insertion paysagère et le respect de la faune sauvage. |
4. A vous de jouer ! |
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Bonnes vacances à tous ! Soyez prudents |
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| Toute référence ou précision relative aux articles ci-dessus pourra vous être communiquée sur demande à la rédaction. Rédaction : Marc Théry Informations, abonnements, désabonnements à l’adresse suivante : contact@territoires-energethiques.fr ou sur http://www.territoires-energethiques.fr |
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